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Pierre  Despars, FCMA

Pierre_Despars_CMA
Ce portrait est paru en janvier 2007 dans Élite CMA, publié par l’Ordre des CMA. Pierre Despars est depuis février 2007 vice-président exécutif et chef des finances chez Gaz Métro.

Un CMA qui a de l’énergie à revendre

Par Jean-Marc Papineau
Collaborateur spécial

« Qu’as-tu fait aujourd’hui pour faire progresser l’entreprise et le prix de mon action ? » Cette question, Pierre Despars, CMA, vice-président exécutif, Finances et développement des affaires de Gaz Métro, a dû y répondre pratiquement tous les jours pendant une bonne année alors qu’il était talonné par l’un des plus exigeants actionnaires de ce distributeur gazier : nul autre que son fils… alors âgé de neuf ans ! « Celui-là, mon plus jeune, c’est sûr qu’il va se diriger en finances », dit Pierre Despars en regardant avec attendrissement les multiples photos de ses trois fils qui ornent son bureau.

Chose certaine, les efforts de Pierre Despars pour améliorer la situation de l’entreprise n’ont cessé de convaincre la haute direction, puisque depuis son entrée chez Gaz Métro en 1991, les promotions se sont succédé au rythme d’environ une par année. Armé d’une impressionnante feuille de route, Pierre Despars en est aujourd’hui à sa quatrième vice-présidence, après avoir occupé le poste de vice-président, Administration et réglementation, de 1996 à 1998, celui de vice-président des affaires corporatives, de 1998 à 2002, et celui de vice-président, Finances et affaires corporatives, de 2002 à 2005.

Avec plus de 2,6 milliards $ d’actif, près de 10 000 kilomètres de réseaux souterrains, quelque 167 000 clients québécois et 1 500 employés, Gaz Métro se classe parmi les plus grands distributeurs de gaz naturel au Canada. C’est un euphémisme de dire que Pierre Despars connaît Gaz Métro - son troisième employeur après KPMG et Imprimeries Quebecor - pratiquement de fond en comble. Depuis 2005, Pierre Despars est le grand responsable du développement des affaires ainsi que de toutes les activités financières et fiscales de Gaz Métro et de l’ensemble de ses filiales, dont Vermont Gas Systems qui compte quelque 115 employés et approvisionne environ 37 000 clients à elle seule. Son grand défi consiste désormais à dénicher des occasions de croissance dans un contexte réglementé.

« Environ 80 % de notre bénéfice provient de la distribution gazière au Québec, explique-t-il. Or, la rentabilité de cette activité est fonction du taux de rendement autorisé par la Régie de l’énergie, qui lui est influencé par l'évolution des taux d’intérêt à long terme. À l’heure actuelle, nous observons une décroissance de ces taux, et donc de notre bénéfice, combiné à une appréciation du gaz naturel, ce qui exerce une grande pression sur nos livraisons. Le contexte étant particulièrement difficile depuis les deux dernières années, il nous a fallu élaborer des stratégies pour faire face à la musique, notamment en nous tournant vers le développement de produits dérivés, le développement ciblé dans les nouveaux projets domiciliaires et une diversification plus large dans l’énergie réglementée, incluant l’éolien. » Précisons que le taux de pénétration du gaz naturel se situe actuellement aux environs de 15 % du portefeuille énergétique québécois, principalement dans les secteurs commercial, industriel et institutionnel. Gaz Métro distribue environ 97 % du gaz consommé au Québec et sa filiale Vermont Gas Systems, la totalité du gaz naturel dans l’État du Vermont.

Rares sont les professionnels qui, comme Pierre Despars, peuvent revendiquer une… quadruple formation académique ! Il a d’abord complété à l’Université de Sherbrooke un baccalauréat en éducation physique en 1982, puis un baccalauréat en administration des affaires à HEC Montréal en 1985, avant d’obtenir les titres de CA et de CMA en 1987, et son diplôme de MBA en 1995. Étrange combinaison, non ? Pierre Despars le reconnaît volontiers.

« J’ai dû réorienter ma carrière au tout début de ma vie professionnelle, dit-il pour expliquer l’obtention de son premier diplôme universitaire. J’ai toujours été un fervent amateur de sport, je les ai tous pratiqués, du baseball à la plongée sous-marine. Il y a une époque où j’étais sur une patinoire à peu près six jours par semaine, puisque je faisais à la fois du patinage artistique et du hockey. J’ai payé mes études en étant instructeur de natation. J’ai toujours eu la passion d’enseigner et d’être entraîneur. » Mais le destin en a décidé autrement. Arrivé sur le marché du travail tout juste après les grandes coupures de personnel dans l’enseignement, Pierre Despars s’est heurté à la dure réalité.

Faute d’emplois dans son domaine, il retourne sur les bancs d’université. Il opte pour la finance, un univers qu’il a appris à apprécier en négociant avec différents fournisseurs, dont l’un en faillite, pour l’organisation d’activités sportives à caractère promotionnel. Ce n’est donc qu’à 24 ans qu’il démarre sa carrière, ce qui ne lui inspire aujourd’hui ni regret ni amertume. « Ce fut un mal pour un bien, ça m’a donné une plus grande maturité », philosophe-t-il.

Aux yeux de Pierre Despars, la parenté est évidente entre la comptabilité de management et les sports d’équipe. « Les deux exigent la même rigueur et la même aptitude à la communication. D’ailleurs, on m’a souvent souligné dans ma carrière que j’aime prendre le temps d’expliquer les choses. À l’instar des sports d’équipe, la pratique de la comptabilité de management requiert aussi à la fois le souci du détail et la vision d’ensemble pour atteindre les objectifs », explique Pierre Despars en bon joueur de hockey qu’il n’est plus et en bon entraîneur qu’il a longtemps été pour ses fils.

Casse-cou comme leur père ? « Pas mal plus, répond-il. Disons que le père s’est assagi. Et qu’il fait preuve d’humilité maintenant ! » C’est que les trois ados ont délaissé le hockey pour le snowboard, une discipline que Pierre Despars compte bien essayer au cours de l’hiver. Aucun doute, la passion du sport anime toujours Pierre Despars. D’ailleurs, lors d’une présentation à l’ensemble des employés de Gaz Métro, il y a quelques années, Pierre Despars s’est présenté avec un chandail du club de hockey Canadiens pour expliquer sa philosophie de management, une approche axée sur la participation à la recherche de pistes de solution et à la réalisation des objectifs.

« À cette occasion, souligne-t-il, je me suis défini comme un défenseur, parce que dans notre fonction, il faut gérer les risques, de même que soutenir les ventes et les opérations. Parfois, il faut jouer de façon défensive quand il faut mesurer les risques, puis se porter à l’attaque pour faire avancer les choses.  » Un Serge Savard, par exemple, ne renierait certainement pas cette définition d’un bon défenseur de hockey, un joueur vite sur ses patins.

La vie de Pierre Despars se résume à un triangle en équilibre : le travail, la famille et les amis. Un équilibre qu’il souhaite à tous, dont les futurs CMA. « Si j’ai un conseil à donner à la relève, conclut-il, c’est de viser l’excellence dans tout ce qu’on entreprend. Se contenter de la moyenne, ça peut possiblement suffire au cégep, mais pas du tout en entreprise !  »

L’autre Pierre Despars, en quelques questions

Son principal trait de caractère
L’exigence, envers lui-même et ses proches.

La qualité qu’il préfère chez les autres
L'ouverture d'esprit et la persévérance.

Celui qu’il voudrait être
De toute évidence bien dans sa peau, il ne lèverait cependant pas le nez sur un peu plus de talent !

Le don de la nature qu’il voudrait avoir
Le don de la parole et de l'éloquence.

La philosophie qui guide sa vie
Maintenir l'équilibre. En affaires, entre les besoins des clients, ceux des employés et ceux des actionnaires; dans la vie, entre le travail, la famille et les amis.